L’exception Marco Polo

Etre ou ne pas être locavore telle est la question. Décroissance, minimalisme, zéro déchet, autant d’exigences que l’on se fixe pour le bien être de notre corps , d’une économie plus juste et de notre planète. Mais savoir souffler et prendre du recul par rapport à cette pression de super héro de l’environnement semble parfois nécessaire…

A vrai dire j’écris cet article autant pour vous que pour moi, pour ne pas oublier que nous ne sommes pas parfaits (et qu’il n’y a pas d’intérêt à l’être) et qu’il est bon déjà de se féliciter pour ce que nous réalisons  dans notre quotidien. Bien sûr nous pouvons faire mieux, toujours mieux. Mais il serait bien de se rappeler que toute la responsabilité du respect de la nature et d’un mieux vivre, ne pèse pas seulement sur nos frêles épaules individuelles.Locavore = manger et consommer local:

 

Manger local, et de saison ;  et faire constamment attention à notre manière de consommer, peut être clairement une source de frustration. Surtout au commencement. Cette frustration avec le temps,  se change souvent  en acceptation : on se dit alors que les avocats du Pérou ne nous manquent pas tant que cela, qu’on peut bien vivre sans bananes. Que notre vie ne s’en porte pas plus mal.

Le fait d’être locavore me laisse imaginer avec amusement que je porte un gros tutu de 150 km de rayon. Tout se qui se situe dans ce tutu , je peux l’acheter. Ce qui me rend enthousiaste dès que je visite une nouvelle région. C’est comme une chasse aux trésors.  De nouvelles découvertes s’offrent à moi.  Je ne suis pas de ces extrémistes du local, qui réprouvent même les conserves préférant le frais. Si cela leur chante de manger des pommes tout l’hiver (et encore ! …cela est selon la région) grand bien leur fasse.  Mais il faut être réaliste, selon votre lieu d’habitation, les choix et la diversités des fruits et légumes peuvent vite se réduire comme peau de chagrin. Même si de plus en plus d’initiatives se créent en plus des AMAP, de marchés de producteurs, la ruche qui dit oui. Vous pouvez maintenant vous faire livrer directement chez vous ou sur votre lieu de travail des paniers bio et/ou locaux ( Cababio, Harlem Bio, localizzz…), ou même aller à un drive paysan !  (on n’arrête pas le « progrès » )   J’ai lu l’expérience de Marie qui à changé du tout à tout son mode de consommation pendant 66 jours, sur…Paris !  Elle a découvert au fur à mesure tout un nouveau réseau insoupçonné, mais s’est aussi rendue compte que durant l’hiver à part des pommes et des coings, rien d’autres ne poussait en Ile de France.

Manger local, bio et vegan en PACA : réalité ou utopie ? | Vegan Freestyle:

Dans le locavorisme il existe un joker, que l’on appelle « l’exception Marco Polo » qui concerne principalement le thé, le chocolat, les épices ou le café. Que nous ne pouvons pas trouver dans notre Pays. Personnellement, je me mets tellement la pression sur mon mode de vie, que je suis en train de lâcher un peu de leste. En plus, à force de lire des témoignages de végétaliens ou de crudivores qui vous expliquent que manger uniquement des fruits et légumes même venant de loin comme des ananas, des patates douces, avocats etc etc . Serait toujours moins polluant que d’être carnivore à vélo. On en perdrait ses chatons latinistes ! En tout cas moi, ça me perturbe.

Quand j’habitais en Normandie, je faisais plus attention encore à mes achats que maintenant. Heureusement, il y avait des fraises locales ! Mais finis les fruits à chairs jaunes, les abricots gorgés de soleil, les pêches sucrées et autres délices d’été dont je me régalais en Provence. Le prix de ces fruits m’aidait à ne pas trop regretter… En revanche, impossible de me passer d’huile d’olives ! ah ça non !

Etre #locavore, c'est aussi encourager la vie économique locale et favoriser les circuits courts #200km:

source: Pinterest

Peut être est ce l’âge, l’ organisation de mon quotidien, ou le fait que l’exigence que je me suis moi même imposée me lourde en ce moment, bref …actuellement j’ai parfois du mal à ne pas suivre mes envies culinaires et restreindre mes achats à un périmètre départemental voire régional. Donc je suis locavore à ma sauce, dur dur de ne pas culpabiliser, mais un petit plaisir face à une grande frustration passagère me permet de trouver doucement un équilibre. Souvent pour mes jus du matin, j’ai acheté des bananes . Mais face à ça j’ai diminué ma consommation de thé , je bois plus des tisanes de plantes du jardin de mes parents. Je crée mes propres règles , mes propres exceptions Marco Polo. En agrandissant mes achats locaux aux artisans et créateurs. Ce qui pour moi va de paire avec cette alimentation et permet de voir d’une manière globale notre consommation. Et je me dis que si je change de région, je continuerai à faire de mon mieux, tout  en m’offrant des petits écarts. J’ai la chance pour le moment de vivre dans le Sud de la France, avec une palette agricole très large ; et j’en profite au maximum. Félicitons nous déjà de ce que nous réalisons pas après pas. Une petite pierre à l’édifice qui à tout de même le don d’exister, tout en tentant de semer des graines dans l’esprit de personnes que nous croisons ou que nous côtoyons.

Et vous, achetez vous local ? Vous octroyez vous des écarts Marco Polo ?

Petit bonus : si vous ne connaissez pas bien les fruits et légumes de saison , allez découvrir le chouette travail de Claire-Sophie Au Pissenlit et son très chouette calendrier perpétuel de saison.

Et si vous voulez revoir ou découvrir  les épisodes de l’émission » 200km à la ronde » où cinq familles se sont prêtées au jeu de manger 100% local c’est par là .(malheureusement le lien n’existe plus)

 

Un jour à Romans

Ayant entendu parler depuis longtemps de la capitale française de la chaussure, et étant dans une démarche de plus en plus axé sur le « fait en France ». J’ai profité d’une journée de libre et de la période des soldes pour me rendre à Romans sur Isère. Pour voir de mes propres yeux, et rencontrer ces irréductibles gaulois, plutôt que d’acheter sur le net. J’avais quelques boutiques en tête, le reste serait de la découverte !

La gare est à deux pas du centre ville, j’ai été accueilli par l’horloge Jacquemart. L’office de tourisme se situe à côté des magasins Marques avenue (où je ne suis pas allée), mais tout se fait facilement à pieds.

Je me suis donc promenée, un peu avant de récupérer un plan de la ville et me rendre au premier magasin. Étonnée de découvrir une Fanny effrontée à côté du terrain de pétanque  ou la façade atypique de l’église Notre Dame de Lourdes. Amusée face aux multiples enseignes de Pognes ( comprenez une grosse brioche ronde).

Ma première étape : la boutique Modetic 42 avenue Gambetta. Pour y trouver la marque 1083 , dont je vous ai déjà un peu parlé. Qui propose des baskets et des jeans.  Malheureusement, ils n’avaient pas de stock sur place. Il n’y avait pas le modèle que j’avais repéré à ma pointure. Mais j’ai pu en essayer un autre, et je peux vous dire qu’elles sont très confortables.

Dormance Petit Chat Grain

Ensuite, je me suis rendu dans le magasin d’usine de la marque Laure Bassal  .34 côte Jacquemart. Ces chaussures sont également conçues sur Romans. Financièrement, c’est très intéressant; les prix sont déjà moitié moins chers et rajouter à cela les soldes ! Je suis repartie avec une paire de sandales. La vendeuse était très gentille, quoique un peu bavarde 🙂 . Mais ce fût très agréable de partager avec elle une discussion autour de l’écologie, le bio et le végétarisme. Sujet qui a découlé du fait que je n’ai pris ni boite à chaussures, ni sac pour transporter mon achat, vu que j’avais pris mon cabas.

Pour la pause repas, je me suis rendue au restaurant bio Un pas de côté 18 rue de la banque. Qui propose en été des repas uniquement végétariens. Je me suis régalé ! En m’y rendant, malgré le super disquaire Disqu’art place de la fontaine couverte, j’ai fait le triste constat que le centre ville était déserté , beaucoup de vitrines sont vides. Peut être est ce dû à la présence du Marques avenue ?

Après  cette bonne assiette, j’ai fait une balade digestive (sous un soleil brûlant) dans les rues anciennes de Romans,longeant l’Isère; traversant l’ancien quartier des tanneurs, passant par la rue des artistes où les galeries d’art côtoient des créateurs d’éventails. Puis je suis montée jusqu’au parc F. Mitterrand qui surplombe la ville. Un endroit chouette, qui mériterait d’être mieux mis en valeur.

Je suis ensuite allée passer deux heures au frais au Musée international de la chaussure. Si vous êtes passionnés de chaussures, d’histoire de la mode ou de vintage. Ce lieu est pour vous ! Ca était un vrai coup de coeur pour moi. On y découvre des souliers dès l’Egypte ancienne jusqu’à nos jours. Voyageant de continent en continent. Avec même une vitrine fétichiste ! Vous y apprendrez ce qu’est une botte de sept lieues ou comment se fabrique une chaussure de A à Z. Une œuvre d’art illustre toujours l’époque représentée.  C’est un lieu très beau, il n’y manque qu’un salon de thé dans sa belle cours, pour se rafraichir et se poser les jours de canicule.

Grâce à ce musée, qui met également les fabricants actuels et locaux en avant. J’ai pu étoffer mon carnet de notes : les chaussures de danse: magic feet ; les souliers éco conçu: soft in ; l’enfant du pays: Made in Romans ; Tchilinguirian ; mon coup de coeur : Le soulier français Ellips ; les hauts de gamme :Robert Clergerie ; et les sandales : Max Vincent.

J’ai fini ma journée en flânant dans la belle librairie La Manufacture place du pont vieux, et dégustant une délicieuse pâtisserie de chez Guillet place Jean Jaurès. Une journée pleine de découvertes. Si vous vous rendez à Romans, je vous déconseillerais d’y faire une journée complète comme moi. Car le tour y est vite fait, une demi journée suffie (sauf si vous faites une visite d’usine, et que vous allez dans tous les magasins). A part si  la ville réalise son projet de devenir  un lieu de regroupement de créateurs et de petites entreprises principalement français, ce qui serait une superbe idée !