Blog, blog, blog

J’ai crée ce blog il y a quelques mois, après de multiples hésitations et questionnements. Sans idées précises, juste une envie et quelques pistes . Actuellement, je me pose de nouveau quelques questions quant au rendu et au contenu de ce dernier.

Je voulais y mettre ma façon de voir la vie, peut être tenter de déclencher des étincelles de réflexion chez les lecteurs. Mais très rapidement , en voyant plus ce qui existait déjà sur la blogosphère. Je me suis sentie bien idiote.-Même si je me doutais bien que je serai loin d’être la seule dans ce domaine.- Car il y a pléthore de blogs parlant d’écologie, de vie saine et alternative etc, clairement supérieurs dans leur engagement et leurs actions. Je souhaitais également que ce blog soit un espace artistique libre, je l’ai mis en place pour stimuler ma créativité. Ecrire plus souvent, faire des photos, partager peut être des « créations ». (Et aussi combler des temps morts durant mon travail). J’ai choisi de masquer mon visage, pensant que cela m’aiderait à oser, montrer mon grain de folie. Bon , également par paranoïa et peur d’excès d’égocentrisme. Mais en fait, cela me complique la tâche. D’un point de vue purement pratique déjà. Et parce que beaucoup de mes anciennes photos que j’aurais pu avoir envie de partager, sont des autoportraits.On n’est jamais mieux servi que par soi même 😉 .En tout cas, malgré ce masque la retenue est encore de mise… J’aimerais que tout cela, soit plus farfelu.

Et tout cela fait que j’ai quelque peu l’impression d’un joyeux bazar, sans but ou thème précis. Comme si j’aimais trop de choses différentes, et que je n’arrivais pas me contenir à un sujet .Mon univers transparait il ? Alors que je suis fascinée par des sites comme par exemple :Harem of peacocks ici, Stella Polaris , Leopard and lipsticks here … qui ont des identités fortes. Une âme. J’en viens à remettre en doute ce que je suis, ce qui me fait, pas si originale au final…J’ai l’impression que mes écrits sont mièvres et banales. Et que ce fameux côté bisounours que je n’aime pas qu’on me renvoi, est plutôt flagrant. Cela me gêne d’autant plus dans le contexte actuel. Où je me dis que j’ai des pensées de bobo, de classe moyenne occidentale sans problèmes. Dans ma bulle. A la recherche de mieux, alors que je suis chanceuse et que j’ai une bonne vie finalement. Qui pourrait faire plus, mais  sûrement trop passive.

Je sais que j’écris pour moi, que ce blog est en train de se changer presque en carnet intime. Qu’il serait bon que j’arrête de me mettre des barrières, de me juger trop durement ou de me mettre la pression pour publier des articles alors que ça devrait être du plaisir. Mais je ne suis pas entièrement satisfaite. Est ce que si je tombais sur mon blog, je le lirai ?

Tout ça est un peu brouillon…affaire à suivre.

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Lève toi et marche

Il est intéressant d’observer le rapport que la plupart des gens ont avec le fait de marcher. Quand nos aieux, il n’y a pas si longtemps en arrière pouvaient parcourir plusieurs kilomètres à pieds pour aller chercher de l’eau, faire les courses, aller au lavoir, à l’école ou sur leur lieu de travail. Actuellement les distances semblent faussées. Et la marche est plutôt réservée au loisir, à part bientôt pour quelques irréductibles.  Faire ses courses à pieds, ou n’importe quel parcours d’un point A à un point B. C’est une autre manière d’aborder la ville et les paysages. Pour ma part, je considère que c’est un moyen de transport assez fiable. Quelques retards à un rendez vous peuvent bien arriver, mais on ne peut s’en prendre qu’au propriétaire de la bécane ! Deux expériences m’ont marquées sur le fait de marcher dans notre quotidien.

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L’été dernier, je suis allée seule à Moulins pour un weekend découverte (article à retrouver dans la rubrique escapade) et surtout pour le centre national du costume de scène. Ce séjour m’avait été offert pour mes 30 ans, en arrivant je n’avais qu’à me rendre dans la chambre d’hôtes. Sortant de la gare, je lui passe un coup de fil pour savoir comment me rendre à pieds, jusqu’à chez eux.  -« Oulala , mais c’est loin à pieds! Prenez un taxi ! ». Elle m’explique tout de même le trajet. Qui s’avère assez simple, il m’aura fallu un quart d’heure pour l’effectuer. Si loin ! Pas tant que ça, cela avait titillé ma réflexion. Une fois chez elle, je lui explique mon programme. Et elle m’alerte en me faisant remarquer encore une fois, que de la chambre jusqu’au CNCS , c’est trèèèès loin. A l’autre bout de la ville…Je préfère en juger par moi même. J’avais le temps, c’était les vacances. J’aime me perdre dans les rues, et découvrir une ville hors des sentiers battus touristiques. J’ai bien fait de suivre mon intuition. Car le musée se trouvait tout au plus à 25 minutes de marche et encore, je flânais. Nos jambes ne sont elles plus faites pour leur fonctionnement originel ? J’y vois une sorte de flemmardise (quand on a la santé , bien sûr) , teintée d’un manque de curiosité. Etre casanier gagne du terrain…

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Autre souvenir, autre lieu.

Par une belle journée douce et ensoleillée. J’ai décidé de me rendre à pieds d’un village où je devais passer à la médiathèque, à un autre village où ma mère devait me retrouver. J’avais du temps devant moi. Et une terrible envie de marcher, de me défouler physiquement en douceur, tout en profitant de ce clément climat. Mais une jeune femme qui marche en bord de route…ça étonne. Je voulais marcher, juste marcher. Même pas faire du stop. Je sentais la chance avec moi (comme souvent quand je m’embarque dans ce genre de choses) je n’avais pas peur. Il y a environ 20 kilomètres entre les deux villages. Deux voitures ce sont arrêtées. La première un monsieur et son fils -« Vous voulez qu’on vous amène quelque part ? » « non merci, je veux juste marcher ». Ils partent. Deuxième voiture. -« On vous a vu partir du premier village, vous ne devriez pas marcher seule comme ça. Vous voulez qu’on vous amène quelque part . -Non merci, je veux juste marcher. – Non mais, vous êtes sûre ? C’est loin où vous allez. -J’ai envie de marcher, j’ai besoin de marcher. Je vous assure.Merci. »  Ils ont été insistants, mais j’ai tenu bon, de toute manière j’étais proche du but. Les gens et leurs angoisses….

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Qu’y a t il de si étrange ? Pourquoi ont ils si peur ? Les faits divers sordides mangent l’esprit des gens. Cela les coupe de la réalité. Il est bien d’être prudent. Mais comme on dit « la peur n’empêche pas le danger », alors autant faire ce dont on a envie. Moi j’étais heureuse, sereine, j’ai vu ce paysage toujours pris en bus ou en voiture avec un autre oeil. J’ai découvert beaucoup de choses. Tout ça, a de la valeur. Tout prend une autre dimension à pieds, même à vélo. Ce n’est pas juste prendre et repartir. C’est prendre conscience de ce qui nous entoure. Des distances, que veut dire « loin ». J’irais même jusqu’à dire que cela fait réfléchir à l’évolution de l’homme, du progrès technique. Toujours plus vite. Plus vite. Et après ? Ce ne sera plus assez vite. Il  faudra toujours grignoter du terrain pour rapprocher Paris de Brest, Nice, ou Bordeaux. Cette vitesse nous donne t elle réellement le temps pour l’essentiel ?

Marcher vers son travail, c’est prendre le temps de se mettre en condition. Marcher pour se mettre en jambe ou au contraire, se délester. Le genre de ressentis que l’on a pendant une randonnée, l’importance des appuis, de changer de rythme,  de s’écouter. Marcher tout simplement, pour ne pas oublier que l’on a des pieds.