Chaussure à son pied

Trouver des chaussures à ma pointure et qui me plaisent relève toujours un peu du défi. Pendant plusieurs années, j’ai acheté des chaussures type « sneakers » (je ne trouve pas de traduction en français), qui je trouvais allaient aussi bien avec les jupes que les pantalons. En tissus -car j’avais décidé de moins porter de cuir- qui me faisaient une saison, voire deux grand maximum. Mais depuis quelques temps, voulant réduire mes achats et mes déchets, j’ai décidé de voir les choses autrement. J’ai eu envie au lieu de mettre 20 ou 30 euros chaque année, »d’investir » selon mes moyens bien sûr,  dans une paire de chaussure qui pourrait  durer plus longtemps. J’ai mis mon envie de délaisser le cuir un peu en sourdine. Je suis végétarienne et non vegan. Même si je dois bien l’avouer, je me voile totalement la face sur le fait d’avoir  la peau d’un cadavre  animal aux pieds… Mais pour l’instant, les alternatives proposées pour remplacer le cuir, ne me convient pas. Je suis donc revenue vers mes amours d’antan , une bonne paire de Doc Martens bien solide. Investissement 110 euros en solde, depuis 3 ans quasi toute l’année , un peu moins fraiches actuellement mais toujours portables.Maintenant je souhaite aller plus loin dans mon engagement…Car ces souliers cités ci dessous, liés à l’histoire de l’Angleterre contemporaine, ne sont plus du tout fabriqués au Royaume Uni mais bien dans un pays en voie de développement en Asie, comme beaucoup de firme actuellement. Et j’ai du mal à cautionner ça.

J’ai réfléchit d’abord à acheter bio et éthique, avec des marques comme veja ou inkkas.  Je n’ai pas sauté le pas. Cela ne me convenait pas vraiment.  La vérité c’est qu’acheter français , cela peut faire peur, principalement d’un point de vue financier. On se dit que ce qui est fabriqué en France est forcément un produit de luxe…Quand on voit le prix de certaines baskets affublées d’une grosse virgule et que ce dernier n’offusque personne. Alors que c’est de la daube fabriqué pour une bouchée de pain dans des conditions médiocres. Il faut savoir que pour le même montant, on peut avoir aussi n’importe quel type de chaussures fabriquées en France . Encore une fois tout est une question de point de vue, et de positionnement. Il suffit juste de se renseigner pour se défaire de cette fausse croyance. Et comprendre qu’on s’y retrouve en mettant 70 ou 100 euros (dans les premiers prix pour de la fabrication française) puisque c’est un produit de qualité, qui est sensé durer.

Dans mes recherches, j’ai découvert ce site recensant une grande partie des marques françaises :La fabrique hexagonale . J’ai farfouillé, cherché dans mon budget (car oui, je gagne le SMIC comme la plupart de mes concitoyens et j’habite dans une ville où la vie est un peu chère), dans ma pointure, etc. J’ai mis de côté quelques marques ou quelques modèles. Hésitant toujours à me jeter à l’eau. Ayant économisé et mis dans un point relais mes vieilles godasses, mon premier choix s’est porté sur une forme de chaussures que je voulais depuis longtemps, comme un retour à l’enfance…

crédit photo : Dormance Petit Chat Grain

Dormance Petit Chat Grain

Elles sont de la marque Bionat, donc en plus comme le nom l’indique j’ai réussit à regrouper d’autres critères ! 165 euros…Oui j’ai quand même eut un petit haut le coeur en faisant le chèque. Car dans ces cas là, j’ai une petite voix qui me dit « et si tu les abîmes !  » « et si tu les tâches au bout d’une semaine ! » « si elles prennent la pluie »…etc etc. Un risque à prendre…Je ne suis pas sponsorisé par cette marque, je tiens à le préciser. Ca sort de mon porte monnaie, je me suis même rendue à la boutique marseillaise, histoire de rester dans l’humain. Car j’aurais bien pu faire l’achat sur le net. Motivée ! Je vous présente juste leur produit : cuir (désolée) sans chrome et sans métaux lourds, teintes sans colorants néfastes, semelles en hévéa et donc pas issues de la pétrochimie, fabrication française et eco labelisée. Malheureusement, je trouve à la majorité de leur collection,un aspect un peu vieillot. Et elles sont garanties un an !

 

Minolta DSC

Dormance Petit Chat Grain

On verra à l’usage, d’autant que j’alternerai avec des sandales (pour l’instant j’ai toujours mes made in Asia, j’attends de les épuiser avant d’investir dans du costaud). Pour cet hiver j’ai déjà repéré la marque 1083 basée sur Romans, la ville de la chaussure ! (les bottines de Stephane Gontard me font aussi de l’oeil…) J’ai d’ailleurs à l’idée de m’y rendre pour voir ce qu’il s’y fait. A terme mon objectif, en achetant petit à petit (vu le budget, et en attendant l’usure totale de mes anciens godillots) serait d’avoir une paire pour la saison chaude, une pour la saison froide, une paire de chaussures à talons (j’espère gagner un peu mieux ma vie un jour afin de m’offrir une paire Laure Bassal, qui ont un rendu très rétro que j’adore) , et une pour la randonnée, made in France ! Je me répète mais : Notre manière de consommer est déjà un engagement et une manière de voter…

Et vous, où en êtes vous ?  Tentés ? Auriez vous des conseils à me donner  ? Des marques à me faire découvrir ?

4 roues 2 pieds

Avez vous remarqué dans quel état ont été plongé certaines personnes, face à la pénurie de carburant ? L’agressivité qu’il a pu en ressortir ? Avez vous noté les symptômes de l’addiction, de la nervosité, de l’anxiété ? (aussi liées à la grande peur de perdre son emploi, autre domaine d’asservissement). Automatisme rassurant, cocon de surpuissance. A bord de notre voiture , nous sommes plus forts, nous devenons un(e) autre.L’insulte facile, et j’en passe. Seul au monde, le roi du pétrole en quelque sorte 😉 Aller toujours plus vite pour grappiller du temps, ce temps précieux, mais pour aller où ? Pour quoi faire ?

crédit photo Dormance Petit Chat Grain

J’ai un rapport à la conduite assez particulier, je crois même qu’on peut dire que je n’aime pas trop conduire. A part si c’est sur une voie large , sans trop d’encombrements et de virages (autant rêver quoi). Pourtant dès très jeune, j’ai passé plusieurs heures dans le camion familial sur les routes de France et de Navarre. Donc autant vous l’avouer tout de suite, malgré la conduite accompagnée, je n’ai eu mon permis qu’au bout de 3 fois ! Je n’ai compris le sentiment de liberté que pouvait amener une voiture, que lorsque j’ai fait mon premier long trajet de jeune conductrice, seule, pour aller dans la Creuse, il y a quelques bons côtés… C’est vrai. Mon aversion sur l’impact qu’a la conduite sur nous -fragiles humanoïdes-à grandit au fil des années. Avec une période où j’avais lâché le bus pour ma petite fiat afin de me rendre à la fac. J’ai ensuite arrêté mes études , et j’ai commencé l’animation professionnellement, me servant moins de mon véhicule, car je partais avec les bus scolaires pour encadrer les enfants dès leur départ. Installée ensuite dans le centre ville d’Aix en Provence, et de plus en plus dans une démarche écologique, j’étais ravie de tout faire à pieds et en transport en commun.Ont suivi quelques mois,seulement en bus , train , métro et avion, sans aucun souci de logistique. Puis, vint mon déménagement vers la Normandie , avec ma tuture dans l’autotrain. C’est une époque où j’ai beaucoup conduit, car malheureusement la Manche n’est pas très bien desservit en transport en commun (à mes yeux) , ou cela ne s’adaptait pas à mes horaires de travail. Mais a part les tracteurs, je n’avais pas énormément de contraintes. Bien qu’à l’époque je pouvais faire 30 min de route le matin et le soir, ce que je trouvais déjà aliénant (j’ai une sorte d’admiration mêlée d’incompréhension face à ceux qui supportent cela depuis des années et sur des plus longs trajets ). Je continuais tout de même à faire à pieds , tout ce que je pouvais. Malgré tout ça, je sentais bien que la voiture n’était pas faite pour moi, être derrière le volant m’oppresse (sans parler de mon esprit envahit de culpabilité quant à mon empreinte carbone). De retour dans le Sud, ça était le pompon. Bien « obligée », d’utiliser ma voiture pour aller voir certains amis maintenant éparpillés, et surtout la conduite méridionale agressive, nerveuse, qui ne laisse pas le droit à une seconde d’hésitation, à eut raison de mes nerfs…De nouveau habitant au centre ville d’Aix depuis 3 ans, je revis sans voiture ,que j’ai donné à mes parents, et que j’utilise à l’occasion, pour ne pas perdre la main. La vie est plus belle. Tout ce parcours, m’a permis de savoir ce que je voulais et ce que je ne voulais plus. A y voir plus clair dans ce que je n’aimais pas dans le fait d’être derrière un volant, sans l’avoir conscientisé jusque là.  (Après cette longue introduction) Je souhaite maintenant vous présenter selon mon point de vue , les points positifs et négatifs à avoir une voiture.

source Pinterest

Les points négatifs : 

  • Il m’arrive de rater des événements qui m’intéressent, si je ne trouve pas de bus ou de covoiturage pour m’y rendre. Comme le Salon du livre de l’imaginaire il y a quelques mois. (Mais concrètement ce n’est pas grave, je m’occupe autrement)
  • J’annule des soirées avec des amis. Ce qui est plus compliqué à gérer. Car ils peuvent le prendre assez mal.  Comme j’ai décidé de me défaire du stress de la voiture, ce n’est pas pour le remplacer par un autre stress. Donc quand je sens que mon trajet va être compliqué, que je vais devoir courir, arriver peut être plus tard que les autres, moins profiter du moment etc etc Je préfère remettre à plus tard (cela n’altérant en rien l’affection que j’ai pour eux), et se voir lorsque cela est plus facile. Cela me permet d’être pleinement présente , détendue et totalement disponible pour mes amis à un moment choisi. Malheureusement, eux ne le voient pas toujours sous cet angle, et  peuvent se vexer. C’est vrai que cela peut donner l’impression que je me prends pour la Reine, à qui on doit rendre visite, mais qui ne se déplace pas. Ce n’est pas vraiment ça. J’ai juste l’impression d’avoir donné 10 ans environ de ma vie, à faire le taxi, à faire des bornes pour les autres, à me rendre disponible coûte que coûte. Chacun ses idéaux, respecter l’environnement, et me respecter moi même font parties de mes priorités à partir de maintenant.
  • Je suis dépendante des horaires des transports en commun, de mes amis pour m’amener, ou des critères de covoiturage. Mais je préfère cette dépendance à celle d’une machine, et de son carburant. Et tout ce que cela génère.
  • Il est préférable d’habiter en ville, pour avoir ce mode de vie.

source Pinterest

Les points positifs:

  • Financièrement. Je ne paie plus d’assurance, pour une voiture que je n’utilise que très rarement. Même si je souhaite participer , en faisant le plein de temps en temps. Tout cela constitue une économie importante. Vu mon salaire, ce n’est pas négligeable. Et j’ai la chance d’habiter dans une ville qui propose des bus pour les communes environnantes à 1€10.
  • J’ai un autre rapport au temps. Ma vie est plus douce, avec un rythme qui me convient mieux. Je n’ai plus l’impression de perdre mon temps pour des idioties , comme chercher une place.  Marcher 30 min, même pour faire mes courses , ne me dérangeant aucunement, et est à mes yeux un bon moment.
  • Cela m’a appris à mieux m’écouter. Ecouter mes envies profondes, mon état réel de fatigue,…
  • Je n’ai plus le stress et autres émotions négatives liés au fait de trouver une place, faire attention à ne pas abîmer mon auto, me trouver dans un embouteillage en plein été, etc etc (lorsqu’il m’arrive d’utiliser mon véhicule, c’est comme une petite piqûre de rappel, très très rapidement je me souviens pourquoi j’évite de m’en servir: ça rend les gens fous -moi la première-)
  • Je peux profiter du paysage, observer le monde qui m’entoure.
  • Je me sens plus en adéquation avec mes valeurs. Ce qui est très satisfaisant.
  • Je marche plus. Donc je suis mieux dans mon corps et dans ma tête.
  • La vie est plus légère sans automobile !!

Crédit photo Dormance Petit Chat Grain

Il est vrai que cela demande une toute autre organisation. Je vis seule, je n’ai pas d’enfants, je n’ai pas besoin d’aller dans un grand supermarché pour faire un caddy pour le mois…je fais mes courses de légumes frais régulièrement au marché ou dans les commerces proches de chez moi. Actuellement, dans une remise en question sur mon mode de vie et ayant grand besoin de verdure, je suis  face à un dilemme. Vivre à la campagne et réutiliser ma voiture,en changeant tout mon mode de vie. Ou rester en ville, en cherchant un nouveau logement avec un  peu de nature autour (gros défi) et continuer mon fonctionnement principalement pédestre. Même si j’ai lu qu’un vegan en 4×4 polluerait moins qu’un carnivore en vélo, je n’ose pas encore sauter le pas de vivre à la campagne…

Voici deux articles pour illustrer mon débat interne : vivre à la campagne de Friendly beauty et un article de kaizen « est il plus écolo de vivre à la campagne ? »  Qu’en pensez vous ?

Et vous ? Avez vous une voiture ? Quel lien entretenez vous avec l’univers automobile ? Seriez vous prêt(e) à vous défaire de ce fonctionnement ?