Dans les pas de Giono

Quelques jours dans les Alpes de Haute Provence…

Découverte d’un bout de Provence, sans partir loin. Un dépaysement bienfaisant. Une nature magnifique à perte de vue, un calme incroyable.Ressourçant moment au milieu des chênes et la tête dans les étoiles, à observer galaxies et étoiles filantes. A St Michel de l’Observatoire l’oeil rivé derrière une lunette de pro sans trop de pollution lumineuse environnante. Et le plaisir de tomber par hasard sur une petite librairie spécialisée dans les ouvrages sur les plantes et l’écologie…

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Parfois le bien être et les petits plaisirs s’accumulent ou grossissent telle une bulle. Si bien que le ressenti positif se fait global. Le seul fait d’être dans la nature représente un contentement énorme. S’y rajoute de belles bâtisses, de vieilles pierres, le fait de prendre le temps de musarder dans l’immense librairie de Banon « Les bleuets ». Ecouter les insectes, le vent dans les arbres, observer les couleurs changeantes du ciel et sa lumière sur les champs. Marcher, laisser libre court à la pensée au rythme des pas. Faire connaissance avec notre hôtesse, qui nous a régalé d’un superbe repas, bien meilleur que certains restaurants où nous nous sommes arrêtés. Une conversation riche et porteuse. Dormir enfin sereinement, sans bruits et espérer qu’il en fût toujours ainsi.(gîte Le trait ) 

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Se lever et enfin sentir la fraîcheur, dont nous manquions cruellement depuis des mois. rien que le cadre du petit déjeuner est réconfortant, longue table en bois, cheminée dans le dos, éteinte mais rassurante. Randonnée pour punks le long des crêtes,où le paysage s’ouvre à nous au fil des pas, toujours plus beau. Vue grandiose sur la Montagne de la Lure et ses environs, jusqu’au Mont Ventoux. Au 360° des monts et merveilles, des papes et anti papes, cairns repères. Et le vent qui nous rafraichit malgré le soleil et l’effort. Tout prête à rêver, jusqu’aux clochettes des brebis et moutons.

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Le repos du juste après 3h et demi de marche, se voit accompagné de la pluie salvatrice. Qui me pousse à vraiment ralentir le rythme et profiter du calme à lire et rêvasser.

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La pluie a refroidi l’air, que c’est bon ! La nature est comme au ralenti et semble se délecter de ce petit déluge. Les odeurs sont démultipliées. Il semblerait que les tiges coupées de la lavande sentent plus que la fleur elle même… Rencontre d’une chevrière et de sa magnifique bâtisse à l’Hospitalet (ses fromages sont délicieux). Visite de son gîte pour randonneurs (re) construit petit à petit sur 4 années. Tout cela est tellement inspirant. Des envies germent, des projets peut être…mais surtout le souhait de se dire que tout est possible. Ces femmes qui vivent dans un milieu dit rude, et qui se réalisent, créent leurs vies comme elles l’entendent. Doucement mais sûrement, elles atteignent leur but. Le courage est en nous, suffit d’avoir l’audace.

En cadeau bonux :Mes trouvailles à la librairie L’essentiel le Jardin des livres de Saint Michel de L’observatoire : de quoi me soigner avec les plantes en tisanes: Aux herbes de la Saint Jean de Pascal Masdam

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Et à la librairie de Banon Les bleuets :

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Lève toi et marche

Il est intéressant d’observer le rapport que la plupart des gens ont avec le fait de marcher. Quand nos aieux, il n’y a pas si longtemps en arrière pouvaient parcourir plusieurs kilomètres à pieds pour aller chercher de l’eau, faire les courses, aller au lavoir, à l’école ou sur leur lieu de travail. Actuellement les distances semblent faussées. Et la marche est plutôt réservée au loisir, à part bientôt pour quelques irréductibles.  Faire ses courses à pieds, ou n’importe quel parcours d’un point A à un point B. C’est une autre manière d’aborder la ville et les paysages. Pour ma part, je considère que c’est un moyen de transport assez fiable. Quelques retards à un rendez vous peuvent bien arriver, mais on ne peut s’en prendre qu’au propriétaire de la bécane ! Deux expériences m’ont marquées sur le fait de marcher dans notre quotidien.

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L’été dernier, je suis allée seule à Moulins pour un weekend découverte (article à retrouver dans la rubrique escapade) et surtout pour le centre national du costume de scène. Ce séjour m’avait été offert pour mes 30 ans, en arrivant je n’avais qu’à me rendre dans la chambre d’hôtes. Sortant de la gare, je lui passe un coup de fil pour savoir comment me rendre à pieds, jusqu’à chez eux.  -« Oulala , mais c’est loin à pieds! Prenez un taxi ! ». Elle m’explique tout de même le trajet. Qui s’avère assez simple, il m’aura fallu un quart d’heure pour l’effectuer. Si loin ! Pas tant que ça, cela avait titillé ma réflexion. Une fois chez elle, je lui explique mon programme. Et elle m’alerte en me faisant remarquer encore une fois, que de la chambre jusqu’au CNCS , c’est trèèèès loin. A l’autre bout de la ville…Je préfère en juger par moi même. J’avais le temps, c’était les vacances. J’aime me perdre dans les rues, et découvrir une ville hors des sentiers battus touristiques. J’ai bien fait de suivre mon intuition. Car le musée se trouvait tout au plus à 25 minutes de marche et encore, je flânais. Nos jambes ne sont elles plus faites pour leur fonctionnement originel ? J’y vois une sorte de flemmardise (quand on a la santé , bien sûr) , teintée d’un manque de curiosité. Etre casanier gagne du terrain…

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Autre souvenir, autre lieu.

Par une belle journée douce et ensoleillée. J’ai décidé de me rendre à pieds d’un village où je devais passer à la médiathèque, à un autre village où ma mère devait me retrouver. J’avais du temps devant moi. Et une terrible envie de marcher, de me défouler physiquement en douceur, tout en profitant de ce clément climat. Mais une jeune femme qui marche en bord de route…ça étonne. Je voulais marcher, juste marcher. Même pas faire du stop. Je sentais la chance avec moi (comme souvent quand je m’embarque dans ce genre de choses) je n’avais pas peur. Il y a environ 20 kilomètres entre les deux villages. Deux voitures ce sont arrêtées. La première un monsieur et son fils -« Vous voulez qu’on vous amène quelque part ? » « non merci, je veux juste marcher ». Ils partent. Deuxième voiture. -« On vous a vu partir du premier village, vous ne devriez pas marcher seule comme ça. Vous voulez qu’on vous amène quelque part . -Non merci, je veux juste marcher. – Non mais, vous êtes sûre ? C’est loin où vous allez. -J’ai envie de marcher, j’ai besoin de marcher. Je vous assure.Merci. »  Ils ont été insistants, mais j’ai tenu bon, de toute manière j’étais proche du but. Les gens et leurs angoisses….

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Qu’y a t il de si étrange ? Pourquoi ont ils si peur ? Les faits divers sordides mangent l’esprit des gens. Cela les coupe de la réalité. Il est bien d’être prudent. Mais comme on dit « la peur n’empêche pas le danger », alors autant faire ce dont on a envie. Moi j’étais heureuse, sereine, j’ai vu ce paysage toujours pris en bus ou en voiture avec un autre oeil. J’ai découvert beaucoup de choses. Tout ça, a de la valeur. Tout prend une autre dimension à pieds, même à vélo. Ce n’est pas juste prendre et repartir. C’est prendre conscience de ce qui nous entoure. Des distances, que veut dire « loin ». J’irais même jusqu’à dire que cela fait réfléchir à l’évolution de l’homme, du progrès technique. Toujours plus vite. Plus vite. Et après ? Ce ne sera plus assez vite. Il  faudra toujours grignoter du terrain pour rapprocher Paris de Brest, Nice, ou Bordeaux. Cette vitesse nous donne t elle réellement le temps pour l’essentiel ?

Marcher vers son travail, c’est prendre le temps de se mettre en condition. Marcher pour se mettre en jambe ou au contraire, se délester. Le genre de ressentis que l’on a pendant une randonnée, l’importance des appuis, de changer de rythme,  de s’écouter. Marcher tout simplement, pour ne pas oublier que l’on a des pieds.