Petites graines

Depuis quelques temps Natasha des Echos verts, donne des thématiques ou des défis en lien avec l’écologie sur lesquels plancher. Le défi de ce trimestre est de semer des graines vertes autour de nous. Comment agir pour sensibiliser notre entourage, que mettre en place pour créer des déclics, amener à la prise de conscience.

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Comme je ne suis pas dans la moralisation ou le prosélytisme , et que je prône plutôt la sensibilisation par l’exemple. Ma première réponse à ce challenge a été : mon mode de vie et mon blog. C’est ma manière de faire passer des messages, de ce qui me tient à coeur. Oui mais voila, à force  de  lire les autres participant.e.s, je me suis dit que je restais trop campé sur mes acquis, bien au chaud dans ma zone de confort. L’autre petite graine que j’ai mise en avant dans le forum et que je voulais vous partager ici au départ. Tournait autour de mon expérience de ramassage de déchets dans la nature, quand je vais marcher.

Extrait du forum :« Petite graine et grand bonheur. Je ne ramasse pas un déchet par jour. Mais quand je vais randonner, j’essaye de prendre toujours un sac plastique pour collecter les déchets que je trouve sur mon chemin. Il est marrant de voir les réactions que cela suscite. Certains regardent, mais ne disent rien. Un papa une fois s’est arrêté pour me dire, « c’est super ce que vous faites, tout le monde devrait faire pareil » .Mais il ne m’a pas aidé. Et aujourd’hui sur le chemin du retour, le sac bien chargé après 3h de marche, j’entends un petit « hey !  » .Je me retourne et vois un jeune garçon qui nous courent après , les bras tendus et dans les mains, un couvercle et une bouteille en plastique. Emue et heureuse je bredouille un « merci, c’est super »; Il avait tout compris et moi au bord des larmes, je me suis sentie utile.et pleine de gratitude. » Photo à l’appui :

récolte gardanne

récolte gardanne

photo par Lady Stardust ce jour là

Mais, re-voila , une couche supplémentaire à mon questionnement sur mon implication dans le changement et ces graines à semer, s’est vite rajouté à tout ça ! Et c’est plutôt ce cheminement mental (qui est encore en cours) que je souhaite vous partager.

Je me suis inscrite il y a presque un an à une association mettant en place plusieurs événements me tenant à coeur : Pays d’Aix en Transition . Je voulais être dans des actions plus concrètes, mettre les mains dans la terre, aider à la mise en place de jardins partagés par exemple. Ce réseau me permet d’avoir accès à pleins d’informations, des projections de films, des ateliers , des initiations à la permaculture, etc. Mais,jusque là je n’ai réussi qu’à intégrer le projet d’un journal de bonnes nouvelles, donc rester dans ce que je sais un peu près faire « écrire », chose que je peux faire en plus seule, dans mon coin, à mon rythme… J’ai vu passer une annonce de recherche de bénévoles pour le festival de films écolos de Salon de Provence. Je n’y ai pas répondu, et je n’y suis même pas allé, alors que ça m’intéresse. Je me trouve des excuses pour ne pas participer aux séances de jardinage. Ou d’après midi ramassage de déchets organisés par d’autres asso. Bref , vous voyez peut être où je veux en venir —–> procrastination et timidité.

A la dernière réunion du journal des bonnes nouvelles, plusieurs phrases ont fait résonance en moi. « Le temps n’est plus aux actions individuelles, c’est bien mais insuffisant. Il est temps de passer à la vitesse supérieure. Au collectif. Agir à plusieurs, en masse, pour vraiment créer le changement. » « Savoir pourquoi et comment on s’engage, que ce soit pour ce projet ou un autre, ce que l’on projette là dedans.  » BIM Grosse claque. J’agis dans ma bulle au quotidien. Je me positionne plus facilement comme médiatrice, informer, faire connaître aux amis, aux gens que je rencontre, telle initiative, tel événement. Sans plus réfléchir. C’est peut être moins impliquant (?). Défi de parler de ce qui nous touche sans être expert en la matière. Trouver sa légitimité. Trouver le bon équilibre entre notre envie d’implication et nos réels capacités.Tout en allant de l’avant parfois.  D’un point de vue général : Comment mettre en place des actions pour réveiller la fibre verte chez des inconnus , lorsqu’on a du mal à s’intégrer dans des groupes, se mettre en avant et que notre confiance en nous vacille selon les jours ? Par quel biais faire basculer le point de vue ?

... : Des graffitis en mousse végétale, le street art version écolo

Voici où j’en suis, que faire de plus et comment ? Organiser des ramassages de déchets-concerts ? en dansant c’est plus marrant.  Faire du théâtre forum en suivant les gens dans la rue un sac de déchets à la main « C’est à vous ?  il faudrait le récupérer maintenant , hein ! » 😀 Me servir de mon expérience d’animatrice pour mettre en place des ateliers ? En tout cas, ne pas me reposer sur mes lauriers….Oser se frotter peut être à un public qui semble se ficher de l’environnement . Oser interpeller. M’intégrer dans la « communauté » pour de vrai. Dépasser la ligne jaune et cesser de croire que ce que je fais est assez. Voir plus loin, plus grand. Vaste programme. ( la trouille…)

Qu’en pensez vous ? Et vous, quels sont les graines que vous semez ? Que me conseilleriez vous de mettre en place ? Comment imaginez vous des actions sur la transition qui pourrait vous séduire ?

Apprendre par la vie

La vie est un apprentissage constant. Il serait donc dommage de se borner aux acquis passés et lointains.Se reposer sur ses lauriers. La curiosité est un moteur magique qui ouvre constamment de nouvelles portes, de nouveaux horizons. Comme une envie de « toujours plus » gratifiante et enrichissante; puisque dans le domaine du savoir. Du savoir faire qui étofferait notre savoir être. Nous devenons forts en prenant conscience de nos capacités toujours renouvelables. Remède à l’ennui , et à la monotonie. Chaque jour différent, nouveau, immense terrain de jeu. Ne pas se laisser happer par les fausses croyances, trop vieux pour apprendre une nouvelle langue ou un instrument de musique, plus de nouveaux neurones après 18 ans, tout se fait à l’enfance, etc…. Autant de barrières, d’auto-cloisonnage qui freine nos envies. Incroyables blocages qui nous barricadent. Mettant de l’appréhension, là où il n’en faudrait pas. Il n’y a pas d’âge pour apprendre , juste la joie et la motivation,  et le reste suivra. Mécanisme vertueux. En autonomie, à son rythme, et avec le plaisir tout est possible.

Je me suis toujours dit que la broderie serait trop dure pour moi, alors le crochet ou le tricot, même pas question d’y penser. Je lorgnais certains kit de broderie, voyant avec envie des créations passées sur internet. Étrange peur du « je ne serais pas capable de… » . Il aura fallu que ma machine à coudre devienne capricieuse, et que j’ai un furieux besoin de nouveauté. Comme un petit défi personnel. Et je me suis lancée… Le crochet a suivit. Et quelle satisfaction !

Timidement suivant des instructions, puis j’ai osé rapidement (avec la broderie) sortir des sentiers battus et crée selon mes envies. Des lettrages et même un ancien dessin transformé en point de croix.

 

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Crédit photo : Dormance Petit Chat Grain

 

Osons croire en nos capacités ! Créer l’apprentissage qui nous convient. Apprendre de nouvelles choses même à 99 ans. Ne jamais lâcher l’affaire, vivre pleinement sans écouter les on dit, et les fausses croyances.

« Apprendre ? Certainement, mais vivre d’abord, et apprendre par la vie, dans la vie. » John Dewey

 

Et vous, qu’avez vous entrepris d’apprendre de nouveau récemment ?