L’homme qui plantait des arbres

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Encore un livre à mes yeux, fondamental. Tellement court qu’il pourrait être qualifié de nouvelle. Nous faisons un bond en arrière de quelques générations. Cela se déroule dans le sud de la France. Une rencontre silencieuse entre un jeune homme assoiffé de curiosité et de vie, et d’un homme de la terre, sans âge.Qui s’évertue à planter des glands de ses mains usées, mais belles. Il est coupé de tout. Les promoteurs gagnent du terrain et reluque les plus beaux espaces, sans se soucier de la faune et de la flore la peuplant. C’est intemporel et universel. La modernité écrasante face à un homme plein d’espoir, qui lutte sans revendiquer vraiment. Un message écologique avant l’heure. Mais aussi, une écriture pleine de respect et de tendresse. Touchant et efficace. On visualise très bien la garrigue, le petit hameau et l’homme avec son gros sac de graines.

L’homme qui plantait des arbres de Jean Giono

Et en complément, dans la vraie vie,l’homme qui a planté à lui seul une forêt de 550 hectares : cliquez ici

Soudain dans la forêt sauvage

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Voilà un livre qui , à mon avis, devrait être étudié à l’école. Cette fable moderne prête à réfléchir, mais n’est en rien trop moralisatrice. Elle nous plonge dans un univers proche du notre, quelque peu teinté de fantastique.

Ce village semble coupé de tout, il paraît à la fois pétri de croyance ancienne où la nuit est comme maléfique. Mais aussi presque futuriste par rapport à notre société, où les hommes ont chassés les animaux, où la bonne conduite est de rigueur, prendre trop de liberté est mal vu, et surtout être différent vous exclu. Mais personne ne s’en inquiète, personne n’en souffre, on ne parle jamais du temps d’avant c’est tout. Les seuls à vouloir comprendre et se défaire de ces non-dits sont les enfants. Cette lutte est difficile, presque perdue d’avance.

Ce petit roman se poste en miroir face à ce que nous sommes et ce que font de nous les rouages imperceptibles des conventions. L’imaginaire qui prône la tolérance, une petite leçon de vie au fil d’une lecture. Un livre forcément touchant.

Soudain dans la forêt sauvage d’Amos Oz et le renardeau de chez créagwen http://creagwen.canalblog.com/

Le cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates

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Ce qui m’a attiré dans ce bouquin, c’est d’abord son titre original et amusant. Mais en lisant la quatrième de couverture, j’ai compris que le fond de cette histoire était loin d’être drôle. Cette approche est à l’image de ce livre, où l’on jongle entre tristesse et légèreté. Au sortir de la deuxième guerre mondiale, dans une Europe  marquée par cette épreuve, une jeune femme écrivaine londonienne se lie d’amitié avec des guernesiais, par échange de courriers. Elle apprend ainsi comment l’île à vécut l’occupation. Et la création d’un cercle littéraire bravant les interdits, qui permit de sauvegarder l’humanité et l’intégrité de ses membres face aux horreurs de la guerre. Ce roman est d’une énergie folle, sûrement grâce à son écriture, on passe d’une lettre à l’autre avec une voracité telle, que l’on arrive à la fin du livre sans s’en rendre compte. Comme dit dans une des lettres: « l’humour est le meilleur moyen de rendre supportable l’insupportable. » C’est bien le mot d’ordre de ce roman, où l’on passe d’une émotion à l’autre, avec une peinture de la réalité de la guerre et de ce qui a suivit en filigrane.  Assez poignant tout de même, pour me tirer des larmes. Il n’y a aucune sensiblerie juste des témoignages parsemés ça et là, et des personnages attachants. Ce livre est une bouffé de positivisme. Une sorte de journal à la Bridget Jones version 1946, en beaucoup plus fin. J’ai presque regretté de l’avoir lu si vite, ayant envie de rester dans la bulle crée par ce livre.