Le club des 6

Avez vous déjà entendu parler de swap ? Non pas l’amuse bouche entouré d’une tortilla. Mais en fait, un échange de colis entre amatrices de surprises ! Swap en anglais c’est échanger. Pourquoi toujours des termes anglais pour définir des choses  pour lesquelles il existe une traduction française acceptable ? A vrai dire je ne sais pas, et le propos n’est pas là. J’ai longtemps été dubitative sur le fait de créer des liens virtuels, maintenant je sais que cela se peut et qu’en plus c’est très porteur. En cette période un peu trouble, je voulais mettre en avant les liens qui peuvent nous unir réels ou par écran interposé. Ces liens qui font notre force face à la noirceur.Montrer aussi que le sourire intérieur ne tient parfois qu’a peu de choses, une bafouille sur une carte postale, une colis fait avec coeur. Cela vous donnera peut être même des idées de cadeaux pour Noël.

Depuis que je farfouille sur des blogs, ce terme de swap me titille les oreilles. Cette idée d’envoyer un colis surprise me ravissait ! Pour moi, la fana d’échanges épistoliers, de bonne humeur dans la boîte aux lettres et de petits plaisirs de la vie, je voyais cela comme un enchantement. J’ai toujours voulu y participer. J’ai donc lancé l’idée il y a plusieurs semaines maintenant, en cherchant d’autres blogueuses partantes pour ce genre d’amusement ! Au total, cinq ont répondu présentes. Des quatre coins de l’hexagone, avec chacune un univers propre . Allez on prend son petit baluchon, et c’est parti pour faire un petit tour de France en révisant ses départements 😉 :

Irène a envoyé son colis à Laure. Elle y a mis un de ses écrits de type science fiction, des fioles d’huiles essentielles,un tube d’huile essentielle comestible sous forme de gel et de quoi agrandir la jungle urbaine que fait pousser Lady Stardust !

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Mathilde a envoyé un colis à Julie :une tasse de thé, du thé vert « la javanaise », des biscuits faits dans le Poitou, de la confiture  prune-cannelle faite maison, quelques douceurs et 2 créations couture de Mathilde.

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Laure a envoyé un colis à Mathilde avec des objets faits mains, elle est la reine des dreams catchers ! Une bougie à la cire d’abeille, des boutons en pâte fimo, une paire de boucle d’oreilles. Des graines et de la verveine séchée.

Julie a envoyé un colis à Laetitia, avec des caramels, de la confiture de lait, des sels de bain aux algues et une paire de boucles d’oreilles de la créatrice Camille Billa.

colis reçu par laetitia

Laetitia m’a envoyé son colis. Étant donné qu’elle tient blog un littéraire,et qu’elle a vu mon amour des livres, il est bien normal qu’elle m’ait choisi de quoi lire ! L’intégrale de la BD Joséphine de Pénélope Bagieu.

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  • Et moi même, des Bouches du Rhône.

J’ai envoyé mon colis à Irène. J’ai choisi de le faire finalement sur le thème de la Provence et des produits locaux, alors que je comptais  aussi y glisser des clins d’oeil à la science fiction et l’espace qu’adore Irène (cela c’est juste matérialisé dans une carte postale faite main, avec une femme de l’espace). Ma machine à coudre était enrhumée je n’ai rien pu faire de mes mains…Il y avait des calissons, spécialités d’Aix en Provence. Une sucette faite à Marseille. Un roman de Jean Giono que j’adore, L’homme qui plantait des arbres. Du thym et du romarin de jardin. Une infusion « délice de filles »d’une petite entreprise locale.Un magnet représentant la Sainte Victoire peinte par Cézanne (montagne juste à côté de chez moi). Et un savon à l’olive fait aussi dans le coin.

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Voila, j’espère que cela vous aura donné envie de surprendre les gens que vous aimez avec des colis remplis d’amour, de friandises et de créations d’artisans. J’ai été ravie de mettre en place tout ça, et surtout de le vivre. Je crois que toutes les participantes ont été aussi enchantées que moi, c’est un vrai plaisir.  Prête à recommencer !

( Même s’il n’y avait pas d’obligation d’envoyer un colis retour à la personne qui vous avez gâté. Ne pouvant rester sans la remercier.J’ai fait un petit envoi à Laetitia avec des marques pages et des cartes postales faits main. Une petite création perso:une peinture sur verre (qui j’espère est arrivée intacte) représentant un sujet de la Reine d’Alice au pays des Merveilles. Et deux livres d’auteurs provençaux: Pierre Magnan et Jean Contrucci. )

Alors, ça vous tenterait ?

 

 

Conserves, confitures et autarcie

Avec ces beaux jours qui arrivent, apportant leur lot de fruits et légumes aux multiples couleurs, je n’ai qu’une seule envie…les enfermer pour les garder  avec moi en prévision des heures grises ! Ca fait un peu machiavélique dit comme ça. Gniark gniark gniark mes préciiiieux !bocaux

Mais j’ai eu la chance d’avoir été élevé dans un esprit du faire soi même. Avant qu’il ait son propre grand potager; mon père nous emmenait déjà crapahuter dans les bois pour ramasser des fraises des bois,des mûres, des champignons et autres délices de la nature. Certains étaient consommés tout de suite. Les autres transformés afin d’être conservés. Il est de cette génération où il faut avoir à l’avance et en réserve.  Plus je vieillis, plus je me rapproche de ce mode de fonctionnement. La 1ère chose que j’ai faite une fois indépendante et installée fut de faire des confitures (même si je n’en suis pas grande consommatrice) et de tenter de faire des pickles, et même de la crème de marron ! Mon envie de manger sainement, et en respectant la planète et son rythme, me font d’autant plus connecter avec cette manière de vivre. Il faut le temps ! me diriez vous. Et là je ne peux le renier. Faire ses petits plats, ses gâteaux, sa pâte à tarte soi même est tout à fait jouable avec une vie de travailleur, le tout est d’avoir le goût de la cuisine. Pour ma part, c’est une activité qui (pour la plupart du temps) me détend. Mais pour ce qui est des conserves, il est vrai que cela peut prendre quelques heures. On lance la radio, ou un bon disque et hop ! on épluche, on coupe, on cuit, on stérilise ! Quel plaisir de les ressortir l’hiver venu, pour changer des pommes et des choux. (d’ailleurs, ça me fait penser, qu’ il faudrait que j’essaye de stériliser de la compote de pommes) . On sait ce qu’on mange, pas de risque de tomber sur des légumes dits natures, avec de la viande cachée dedans !

Comment faire quand on a pas de potager ? = Adopter un agriculteur ! Non, plus sérieusement. Certains magasins proposent des fruits et légumes à prix cassés lorsqu’ils commencent à faire une drôle de tête ou quand ils ont une forme bizarroïde. L’astuce est déjà connue, mais rappelons la ,faire la fin des marchés soit pour profiter des ristournes de dernières minutes, soit pour glaner les invendus abandonnés. Certaines personnes qui n’ont plus la force ou pas le temps de ramasser les fruits de leurs jardins cherchent parfois des « partenariats » . Un échange de service entre ramassage et partage de la récolte. Malheureusement en France , je n’ai pas eu vent de réseau mis en place pour cela. A nous de créer du lien. (modif 15/08/2015) Dans le magazine Kaizen n°21 un encart nous donne des sites pour troquer sa récolte ou donner son surplus : http://www.les-ptits-fruits-solidaires.com; http://www.lesfruitsduvoisin.org; nos-jardins.fr; troc-legumes.fr. Enfin, j’ai même déjà vu sur leboncoin, des personnes qui proposaient le surplus de leur récolte. (cette liste n’est pas exhaustive)

A t on besoin d’un stérilisateur ? = Non. L’été dernier j’ai mis de la ratatouille en bocaux. Cela se fait comme pour une confiture. Les bocaux doivent être propres et stérilisés, soit en étant mis dans de l’eau bouillante, soit passés au four. L’action même de mettre la confiture ou la ratatouille par exemple en fin de cuisson dans le bocal chaud, permet déjà la conservation. J’avais vu le grand Jamie Oliver faire de la sorte. Mais l’an passé, j’ai voulu être sûre, j’ai posé mes bocaux pleins et fermés après cette opération, dans une grande marmite d’eau bouillante. Quelques mois plus tard, certains pots avaient tournés…je ne sais pas où est le couac.

Comme vous pouvez le voir, le processus est simple. Bien sûr, si vous avez un grand congélateur (contrairement à moi), vous pouvez y mettre vos plats estivaux. Faisant au plus simple.Même si je trouve une certaine esthétique à voir ces bocaux colorés. Et oui les bocaux   (Et donc mon article ne vous sert à rien, youpi, merci , bonne année ! 😉  ) Le tout garanti sans conservateur, E quelque chose et autres produits étranges. Allez zou ! Aux fourneaux !

les bocaux de mon papa

les bocaux de mon papa

Mes bocaux !

Mes bocaux !

Le cornichon échappé de son bocal

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« Ah, tu es ce genre de fille là ! » Comprenez une fille à bocaux. La scène se déroule lors de la pause déjeuner au travail. Je sors de mon sac un bocal de récup, dont je me sers pour conserver et transporter mon repas. Car oui, j’ai bazardé toutes les boites en plastique dont j’avais hérité au fil des années, dès ma prise d’indépendance. J’avoue en avoir gardé une ou deux de grandes tailles, allez mettre une portion de tarte dans un bocal en verre ! (Avant de trouver mieux…)

S’en suit une  discussion mouvementée , comme peuvent s’en créer sur des sujets comme « être végétarien », « manger local et/ou bio » « limiter ses emballages » et j’en passe. Il y a ceux qui approuvent, qui émettent le souhait de vouloir faire de même. Comme la collègue qui m’a fait la réflexion. Ceux qui trouvent ça bien, mais ne le feraient pas, parce que..la vie quoi ! Le rythme professionnel, la recherche de facilité, le besoin de rapidité. La belle affaire. Et ceux qui trouvent ça ridicule, la goutte d’eau dans l’océan, le geste de toute manière inutile. Certains poussent la provoc’ en allant me dire « Ohlala, la chiante dans toute sa splendeur ! Je ne pourrais pas être avec une fille comme toi..j’imagine que tu manges du tofu. » Etant donné que la perspective d’être en couple avec une personne doté d’une telle mentalité ne m’attire guère. Je ne réponds rien.

Mais le fait est, que parfois, rien que des gestes comme celui là, qui colle à mes idéaux. Une sorte d’engagement et de changement facile. Me donne l’impression d’être un OVNI. (Même si les choses sont en train de bouger, ouverture de magasins en vrac, multiplication des adeptes du livres Zero waste Home de Bea Johnson.) La fatigue, le ras le bol général, le regard des autres peuvent parfois mettre en branle ces petits riens qui font la différence.

Pourtant je ne suis pas une écologiste extrémiste, qui tente de convertir à coup d’images choc ou de culpabilisation. J’ai même arrêter de me définir comme écologiste, d’abord parce que je n’aime pas être mise dans une catégorie. Et ensuite, parce qu’à mes yeux, j’ai juste un comportement normal. Je ne dis pas que j’ai la parole divine, mes agissements ne sont pas parfaits, en hiver j’adore rester sous la douche chaude jusqu’à plus soif par exemple. Mais je crois aux pouvoirs des petits actes quotidiens. Et « l’exemple » se met en place de lui même, en vivant comme nous l’entendons. Sans chercher à dire « Tu vois comme je fais bien. Tu devrais faire la même chose ! »

Si j’ai réussi à allumer des étincelles de conscience, dans les boutiques en refusant un sac plastique, en réutilisant mes sachets papier chez le primeurs ou au marché. Cela me rendra heureuse d’autant plus. Malgré la pression que je peux me mettre pour acheter sans trop d’emballage, plutôt dans du verre, local, frais, de saison et parfois Bio. Ce sont beaucoup de contraintes, c’est harassant.  Etant en plus d’une nature à culpabiliser si je fais un pas de côté. Bien sûr c’est excessif, bien sûr c’est un point de vue à réguler avec moi même.

Mais être différent dans sa consommation, à un aussi petit stade que celui là, est un petit combat au quotidien. Nous pouvons faire changer les choses. C’est peut être de l’écologie du dimanche , mais c’est ma façon d’apporter ma pierre à l’édifice.

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Photos prises par Dormance, merci de respecter les droits d’auteur.