Lecture verte #5

Voici deux lectures , que j’ai lu presque à la suite, et qui se font (tristement )écho.

ALGUES VERTES

Cette lecture m’a tellement chamboulée, que j’aimerais que tout le monde la lise. Cette bande dessinée, c’est une enquête, l’ histoire vraie d’une lutte depuis plusieurs décennies, d’un combat pour la vie, le respect de l’environnement mais aussi pour le bon sens. Où quand le profit rend tout silencieux. C’est l’histoire du désastre dû aux algues vertes en Bretagne qui polluent et qui tuent.

Cet ouvrage est issu de deux années de recherches de la part de l’autrice, et son sujet dérange tellement , que cette bande dessinée à été refusé sur différents salons du livre et a connu des bâtons dans les roues. C’est un sujet tabou, qui fait tâche (plutôt verte vous l’aurait compris) depuis quelques décennies. Ce reportage brise enfin le silence, en retraçant la chronologie de cette pollution depuis les années 60, quand les premières alertes concernant la dangerosité de la présence de ces algues furent proclamées.

La prolifération de ces algues provient à 95% de l’agriculture intensive, en particulier des élevages porcins, et aviaires en très grands nombres dans la région Bretagne. Suite à une volonté politique d’industrialiser l’agriculture, produire toujours plus à des prix compétitifs. On connait la chanson. Sauf que toutes les déjections animales en très grande quantité, ce lisier, est déversé sur les champs comme fertilisant. De là les nutriments passent dans les rivières, puis jusqu’à la mer. L’effet fertilisant grâce aux nitrates étant toujours actif, les algues se multiplient et prolifèrent. Ces algues fraîches, ne posent aucun problèmes. Mais c’est lorsque qu’elles meurent et se désagrègent qu’elles émanent un gaz toxique appelé Hydrogène sulfuré. A grande dose, cela crée des vomissements, des étourdissements, des pertes de connaissances, voir des arrêts cardiaques fulgurants. En 1989, on enregistre le premier mort dû à ces fameuses algues. Depuis 2 humains, et une cinquantaine d’animaux. En tout cas, répertoriés…Malgré les lanceurs d’alertes :associations, médecins, familles concernées. L’état fait la sourde oreille. Pourquoi donc ? Les lobbies, pour « préserver » l’économie, le tourisme… Les agriculteurs se sentent stigmatisés, ils renvoient la faute aux phosphates contenues dans les lessives . Chacun se renvoi la balle, langue de bois, et lois faussement protectrices. Au final un constat aberrant, où comme très souvent l’argent est roi. A lire absolument !! (pour en savoir plus, France 5 a récemment produit un reportage sur le sujet, à voir en relay)

NOUS VOULONS DES COQUELICOTS

Encore une lecture qui claque et réveille la colère ! Ca parle pesticide, lobbyying et inaction des responsables politiques. A lire absolument pour comprendre comment on empoisonne la terre et donc ceux qui la peuplent pour l’absurdité du business. Et pourquoi il faut que ça cesse. « Ceci est un manifeste »

« Il ne faudrait pas croire qu’ils s’en moquent. C’est à dire que oui, bien entendu, ils s’en moquent, mais ils ne peuvent pas le dire. Ils n’osent pas le montrer. Quand un pays tolère la présence de poisons mortels dans ses sols, ses eaux, son air, ses aliments, il doit en même temps adresser des signes de mobilisation. C’est une vieille trouvaille de la politique :faire semblant. »

Dans un roman de science fiction, on pourrait croire que cette histoire est ubuesque. Un trop plein d’armes chimiques de la deuxième guerre mondiale qu’il ne faudrait pas gâcher, et qui deviennent produits miracles pour l’agriculture « moderne », l’importance de produire et de créer de l’emploi qui pousse au n’importe quoi. Tuer la terre pour nourrir mal. Épuiser le paysan pour un salaire minable. Des scientifiques qui s’insurgent et d’autres qui se vendent , des révoltes tues, des agriculteurs, des citoyens malades gravement. Des marionnettes de l’état , des fédérations agricoles corrompus membres et des lois qui font semblant d’arranger les choses comme la loi Ecophyto ou autres Grenelles.

« Quand s’achève leur somptueux plan Ecophyto, tout est pareil, sauf ce qui est pire. Selon des enquêtes officielles, les pommes continuent d’être pesticidées en moyenne 34 fois de suite. Et c’est plus de 12 fois pour les goûteux champagne. Plus de 18 fois pour les pommes de terre. Aucun doute : les bureaucrates de l’Agriculture, les industriels et ces quelques chefs paysans qui profitent tant du système se sont bien moqués de nous tous. « 

Après une explication factuelle et chronologique (fournie mais accessible stylistiquement ) sur la place des pesticides dans notre société, cet ouvrage finit dans l’espoir et l’appel à une prise conscience et de changement collectif. Des solutions existent.

« Il n’y a plus qu’une voie, celle de la fuite en avant, jusqu’au mur final que personne ne pourra franchir. Nous avons derrière nous soixante-dix ans d’une histoire française que nous ne pouvons détricoter. Il nous faut en inventer une autre. Ou accepter de vivre dans un pays mortellement affaibli, qui ne ressemblera plus jamais à ce qu’il fut si longtemps. […] Nous allons vaincre un système né en 1945, car il n’est fort que de nos faiblesses et de nos reculs. Du jour où viendrait enfin une révolte calme , unanime, durable de la société, nous affirmons que les pesticides et leur cortège de mort disparaîtraient de notre paysage. Alors reviendraient les oiseaux des champs. Alors refleuriraient les coquelicots, cette fleur si belle, si résistante, si éblouissante. »

En conclusion de cet article, je vous conseillerez une troisième lecture sous forme de fable qui image très bien celles citées ci dessus , la bande dessinée Ce qu’il faut de terre à l’homme qui avait reçu le prix Tournesol ( Du vert dans les bulles ). Et qui montre bien la folie et l’absurdité du toujours plus au détriment de la logique et du vivant.

Bonne lecture !

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