De la Terre à l’assiette

Cette nuit n’arrivant pas à m’endormir, je me suis mise à réfléchir…à me demander, pourquoi il était si important pour moi de manger sainement et sans pesticide ? Outre le fait que mon amour des fruits et des légumes ne me rende pas du tout objective ( oui je peux m’extasier devant la beauté d’un chou rave). Parce qu’on pourrait me rétorquer qu’il y a des choses plus graves et plus importantes actuellement. Comme les gens  qui vivent dans la rue et meurent de froid et de faim. Mais pour moi, cela est presque lié. Il existe un axe transversal, primordial, qui pourrait se résumer en un mot : le respect. Le respect de la Terre, le respect du vivant, de l’humain, du travail…Remettre les choses à leur vraie place, retrouver l’essentiel.

16 œuvres culinaires d’Amber Locke : Ses fruits et légumes posent devant l’objectif

image: Amber Lock

Manger est vital, c’est bateau de dire cela, c’est indéniable. C’est aussi encore plus que ça, manger, c’est du plaisir (ou non), ce sont des souvenirs,parfois des petits traumatismes,  des odeurs, des saveurs qui s’ancrent en nous, dès notre prime jeunesse, qui nous marquent et nous accompagnent. 

J’ai eu la chance de grandir dans une famille avec des valeurs proche de la terre et du faire soi même. (Et j’aimerais que tout le monde  ait cette chance directement ou indirectement) .C’est pour cela qu’être « écolo » actuellement en est une suite logique. Je n’ai pas eu de déclic, cela était déjà en moi. J’ai pu goûter de vraies bonnes tomates, prises sur le pied, gorgées de soleil dans le potager de mon grand père. J’ai vu mes parents cuisiner, mon père ramasser ce que nous offre la nature les champignons, les baies, et en faire des conserves, des confitures. Ils m’ont amené ramasser des pommes chez des amis, ou dans un grand champs cultivé non loin de Reims qui s’appelait « Le chapeau de paille » (j’ignore si ça existe toujours). Où l’on ramassait tout ce dont on avait besoin/envie, puis on payait selon le poids en sortant. J’ai pu apprendre et comprendre en observant tout cela, l’importance du travail de la Terre. J’ai pu intégrer le goût des bons aliments, ce qu’apporte le fait de manger de saison, mon palais savait faire la différence.

Alors faire manger de la m**** aux enfants, c’est comme de leur enlever des bases essentielles pour se construire. Manger une tomate en hiver sans saveur, ou des plats tout prêts, au-delà de l’absurdité que cela représente, c’est se manquer de respect à soi même. C’est accepter et s’habituer à la médiocrité.Ne pas avoir conscience de ce qu’est un légume, d’où il vient, à quoi il ressemble – de même pour les produits d’origine animale- c’est se couper de la réalité .Vivre dans un monde factice. On parle souvent de la dangerosité des écrans. Mais celle de mal manger est tout aussi impactante, et pas seulement sur la santé. C’est oublier que l’on fait partie d’un tout.

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Image : Amber Lock

Pour celleux, qui n’ont pas été sensibilisés à tout cela, ou celleux qui sont dans le rejet d’un schéma familial imposant un certain mode d’alimentation, c’est un long cheminement. Loin d’être évident. Je pense que majoritairement, les gens n’y voient pas leur intérêt intrinsèque, ils pensent juste gain de temps et économie. Alors que le prendre 30 min pour faire une tarte, une soupe, un gâteau pour soi ou avec son enfant, ça n’a pas de prix. C’est du partage, de la valorisation personnelle, de bons souvenirs, de l’apprentissage en douceur. Se créer des rituels, comme aller au marché, ou chez le petit producteur du coin ce sont des moments de plaisir. Ouvrir les yeux , découvrir, s’émerveiller sur des couleurs, des formes…

Actuellement , il est urgent de recréer le lien avec ces bonheurs simples de la vie, qui de surcroît sont utiles. Car ils nous rendent conscients, acteurs, responsables et autonomes. Nous sommes en train de couper la branche sur laquelle nous sommes assis, il est temps de se réveiller ! De voir les choses autrement, de comprendre que les agriculteurs ne sont pas des bouseux, loin des yeux, loin du coeur. Nous vivons grâce à eux, ils font un des plus beaux et laborieux métiers qui existent, et nous les laissons se suicider dans l’indifférence générale. Alors que nous pouvons nous nourrir (et donc vivre) grâce à eux.

Manger bien; c’est tout ça, c’est un pilier de l’existence et de notre société. Cela changerait tellement la donne si chacun se mettait à consommer et à s’alimenter autrement, de manière plus réfléchie, plus respectueuse…globalement. Rien que le fait d’être touchés de près ou de loin par des maladies terribles, qui nous enlèvent ou font souffrir ce qu’on aime. Rien que cela. Devrait être un levier , pour modifier ses habitudes. Car il n’est un secret pour personne maintenant, les produits néfastes que l’on peut trouver dans certains produits industriels.

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image : Amber Lock

Voila pourquoi, j’essaye de faire comprendre que manger bio ou raisonné, que de faire fonctionner les petits producteurs locaux, que manger varié , végétarien sont urgents et vitaux. Ce n’est pas qu’un truc de bobos, tous le monde est concerné. Cela me fait penser à un de mes héros : le cuisinier anglais Jamie Oliver . Qui dès le début de sa carrière s’est battu pour que les cantines britanniques changent leurs repas low cost infectes , loin d’être équilibrés. En allant se frotter concrètement à l’organisation sur place, aux budgets serrés, au temps de travail chronométrés. Et a essayé avec ces contraintes,  de proposer des plats variés et équilibrés , prouvant qu’une alternative était possible.Il a mis en place des ateliers avec des enfants pour leur montrer ce qu’est un vrai nugget fait maison, les comparant avec ceux qu’ils mangent habituellement. Montrer d’où cela vient, comment cela est fait, c’est planter une graine dans l’esprit de chacun . Cela prendre le temps qu’il faudra, cela mûrira. De telles initiatives existent aussi en France, de plus en plus de communes font le choix de passer leurs cantines au bio. Mais chacun peut faire sa part.

Dire non à la surconsommation, au gaspillage, au suremballage, au tout industrialisé. Prendre la nourriture au sérieux, est un acte concret, de résistance, d’action ( de réaction!) face à cette société qui voudrait nous faire avaler des couleuvres.  Cela repose dans nos mains, dans les vôtres , oui.

Et si on changeait le monde en mangeant mieux ?

Une réflexion sur “De la Terre à l’assiette

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